Plus qu’il n’est permis,
plus qu’il ne le faut,-
comme un délire de poète surplombant le rêve :
la pelote du cœur se fit énorme,
énorme l’amour,
énorme la haine.
Sous le fardeau,
les jambes
avançaient vacillantes,
-tu le sais,
je suis
pourtant bien bâti,-
néanmoins
je me traîne, appendice du cœur,
ployant mes épaules géantes.
Je me gonfle d’un lait de poèmes,
-sans pouvoir déborder,-
jusqu’au bord, et pourtant je m’emplis encore.Vladimir Maïakovski, extrait de « J’aime », Poème (1922)
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